19 juin 2007
N E X T
Comme j'ai grave merdé un truc dans mon blog, pour la mise en page, je ne peux plus rien changer et j'en ai marre de tout ça là. Donc à suivre, mais sûrement ce soir y'aura un nouveau machin qui s'appellera :
N o m E t i o l é X y lo p h o n e e t T a p i s s e r i e
C'est bien ça comme nom, non ?
Je vous tiens au courant.
Dialogues avec moi-même
- T'as pas l'impression qu'on s'ennuie ?
- Hum si. T'as pas idée.
- Tu pourrais peut-être, j'sais pas moi, lui parler, lui dire ce que tu sais.
- Non, non.
- Bah pourquoi ?
- Parce que je ne veux pas fuir encore une fois.
- Ce ne serait que trop juste, tu ne crois pas ?
- Si, si, sûrement même, tu as raison.
- J'ai toujours raison
- Oui bien sûr, pauvre conne. Mais t'as peut-être toujours raison là dedans, tu te caches bien hein ? Dis-moi voir, c'est confortable ?
- Mieux que sur un divan.
- Tu manques tellement de réparties...
- La ferme.
- C'est ce que je disais.
- J'ai tout fait, tout. Maintenant j'attends.
- Comme une cruche.
- Non.
- Si.
- Je te dis que non !
- Et moi je te dis que si.
- Le ferme !
- Qui manque de réparties déjà ?
- La ferme j'ai dit !
- N'empêche que t'attends quand même comme une satané cruche que tu es, les mains sur les hanches, pauvre air conquérant, ça va nous l'affoler tout ça ! Et puis tes yeux de minouche, mais regarde-toi, on dirait un sac !
- Mais tu vas la fermer oui !
(lui donne un coup de latte, ferme sa bouche, couine un peu puis se tait, mais on pourrait croire qu'elle rit. soupape)
- Bon, allez, vas-y, relève-toi, t'es ridicule le cul par terre.
- Va te faire foutre.
- Oh comme c'est mignon...
(bat des cils)
- Tu vas pas pleurer quand même ?
- Je pleure jamais moi, y'a que toi qui pleure comme une idiote pour un rien !
- Vas-y cite-moi toutes les fois où j'ai pleuré, j't'écoute.
- Y'en a trop...
- Bon, très bien, moi je vais te dire.
- Je t'écoute. Attentivement. Je prends des notes.
- La dernière fois que j'ai pleuré... C'était hier soir.
- Oui j'ai bien senti, c'était d'un ridicule d'ailleurs toutes ces histoires inventées pour te forcer à pleurer, expurger un truc que tu sais même pas d'où ça vient. Non moi je sais la dernière fois où t'as pleuré.
- Vas-y...
- Ca faisait des bouillons dans tes narines, c'était vraiment marrant !
- Pff...
- Quelle répartie décidément...
- Tu sais que t'es chiante.
- Hum.
- Rien à dire ?
- Paraît que je te ressemble.
- Hum.
- Tu vas faire quoi ce soir ?
- Je vais aller m'acheter des trucs, vu qu'hier la boutique était fermée.
- Quelle idée aussi d'y aller un lundi !
- Oui bon ça va, tout le monde peut se tromper.
(silence)
- Et là dans l'immédiat, tu vas faire quoi ?
- Finir mon cappucino et regarder mes mails.
- Regarde tout de suite.
- Oui bah deux secondes.
- Non, tout de suite !
- De toute façon, suffit de faire un double-clique. Puis ça sert à rien, si un prof m'a répondu, la messagerie est faite de telle manière que t'es prévenue direct si t'as un message qui t'arrive, pas besoin de regarder donc.
- Oui mais vu que tu viens de décrocher de ton ordi pour pisser...
- Mouais.
- Regarde !
- Okay, okay.
- Tu m'écoutes tout le temps ?
- Non.
- Ca fait plaisir...
(regarde ses mails)
- Alors ?
- Bah rien.
- C'est chiant.
- Je te le fais pas dire.
- Et si personne te répond ?
- J'ai déjà eu deux réponses !
- C'est pas suffisant.
- Oui je sais.
- Alors, tu vas faire comment ?
- Je sais pas.
- C'est emmerdant.
- Je te le fais pas dire.
- T'as pas l'impression de te répéter ?
- Si...
(elle a le don de l'agacer alors elle lui marche sur les doigts de pieds)
- Myspace marche pas.
- Du coup tu t'emmerdes ?
- Ouais, mais je vais sur meebo.
- C'est bien.
- Oui.
(maintenant elle lui écrase les mains)
- T'en as pas marre ?
- Si. Pourquoi ils me parlent ?
- Ils te parlent pas, ils parlent tout seul.
- Excuse-moi, j'avais pas bien saisi la nuance...
- Tu sais que ce que tu t'apprêtes à faire c'est mal ?
- Tu la fermes jamais ?
- Faut bien que je te parle, sinon tu t'emmerderais trop.
- Pas grave, je pourrai me marrer en écoutant ma collègue parler toute seule. Et puis j'ai aucun problème avec ma conscience moi.
- C'est ce qu'on dit...
- Qui dit ça ?
- Toi.
- Je m'emmerde.
- Rien de nouveau à l'horizon.
(elle la pianote)
- Bon, t'as trouvé un truc à faire ?
- Peut-être bien.
- Tant mieux.
- Ouais, comme ça tu vas me lâcher la grappe.
- Salope.
- Je t'aime.
(grand sourire)
01 juin 2007
Comité lecture
On m'a dit de faire ce questionnaire, et comme je suis une bonne fille qui écoute ce que sa môman lui dit, je le fais !
Les quatre livres de mon enfance :
Je me souviens des Alice que je dévorais à n'en plus finir, je les prêtais, on m'en prêtait, ma mère les avait presque tous. J'étais en CM2 et je me souviens les avoir fait tomber dans le couloir et m'être fait engueuler par mon maître d'école passqu'à les ramasser, je suis arrivée en retard en classe... Puis il y a eu les albums de la Famille Passiflore qu'on lisait en famille, ces petits lapins espiègles qui vivaient dans une maison au décor de carottes et d'oreilles de lapins. Je me souviens de dimanche passés à feuilleter les dessins, mon frère et moi à la recherche de la carotte que personne n'avait vu. Puis il y a eu aussi Pierre et le Loup et plusieurs contes que ma mère et mon père m'enregistrait en cassette audio avec leurs voix. Après on s'étonne que j'ai toujours voulu jouer l'actrice ! Puis un peu plus vieille, mais j'étais toujours dans l'enfance, il y a eu la série des Monsieur Malaussène par Daniel Pennac. Lus en famille aussi, à table ça parlait des intrigues et de bouc émissaire, et quand en Terminale je suis allée à Paris à Belleville, je cherchais le cinéma le Zèbre.
Les quatre écrivains que je lirai et relirai encore :
Gekko Hopman, Christophe Honoré, Ann Scott, Cyril Collard
Les quatre écrivains que je n'achèterai (ou n'emprunterai) plus :
Anna Gavalda, Marc Levy, Marguerite Duras, Victor Hugo
Les quatre bouquins que j'emmènerais sur une île déserte :
Vite, vite, lent de Gekko Hopman, Condamné amour de Cyril Collard, les deux tomes de Mon propre Rôle de Gainsbourg (tous ses textes), 4h48 Psychosis de Sarah Kane
Les quatre premiers bouquins de ma PAL (pile à lire) :
Plusieurs livre de George Sand dont Elle et Lui. Mélancholia et Thanatos de Ryu Murakami, Garçons de cristal de Bai Xianyong
Les 4x4 derniers mots d'un de mes livres préférés :
Etant donné que je ne suis point chez moi, je ne peux répondre à cette question ;)
Les quatre lecteurs/trices dont j'aimerais connaître les réponses :
Querelle (c'est pas passqu'il est auteur qu'il peut pas lire !), Julie, Justine (qui vient d'être publiée, huhu), Jade (qui lit beaucouuuuuuuuup)
31 mai 2007
A la télé ce soir
Dans la série "Capuccino et autres joyeusetés", nous en sommes à l'épisode "il me reste moins de deux mois de stage". Entre un capuccino pris à 10h26, un autre à 12h34, puis un autre à 15h42, heures de pauses improvisées, l'héroïne (c'est à dire moi !), ne fait absolument rien. Ses journées ressemblent à une autre série culte, Friends, c'est à dire que tous les épisodes narrent la même chose (machin couche avec machine qui voudrait bien qu'il l'épousaille mais seulement il vit en concubinage avec son colloc qui est l'ex de machine ou son frère ou je ne sais quoi, bref on s'en fout), mais pourtant, il y a toujours le petit rebondissement qui fera la différence de l'épisode de la veille. Et nous, comme des cons, on reste accroché à notre téléviseur comme un idiot à son idiote. Autrement dit, on s'emmerde mais on reste quand même. Ah oui, sinon l'héroïne va aussi aux toilettes, prend une pause d'une heure le midi pour grailler. Et là, ça se complique ! Tous les jours se pose le même dilemne. A savoir... Soit elle mange à la cafétaria où ça grouille d'étudiants bruyants qui racontent leurs partiels ou leurs histoires de cul (et parfois de coeur), ça hésite entre le menu frite ou le menu équilibré. Sinon elle peut aussi choisir de faire la queue pendant 20 minutes à la sandwicherie où là elle hésitera entre le menu sandwich+2desserts ou sandwich+1dessert+biscuits ou sandwich+biscuits+pepsi et au moment de payer elle se rendra compte qu'elle n'entre dans aucune des catégories et elle aura plus qu'à tout recommencer et là elle vient de piger pourquoi l'attente est si longue, tous les étudiants sont comme elle, ils se font tous avoir. Mais ! Elle peut aussi avoir le choix de se préparer à bouffer la veille, de mettre le tout dans un tupperware bleu et blanc et d'ensuite manger le midi avec ses "collègues" dans la cafétaria interne du service où elle stage. Bon, parfois elle se crée des petits suspens ou des petites missions quand elle oublie ses couverts... Mais là aussi, c'est tout un rituel de manger avec ses "collègues". Plus question de parler cul ou partiels, non, non ! Là ça parle émissions télé diffusées sur la 6 ou de jardinage, voire parfois de politique, le tout en pestant après le micro-onde qui marche mal ou la collègue absente "et ça fait déjà trois fois dans la semaine, je fais tout son boulot du coup, elle est gonflée !". Notre héroïne se demande toujours au moment où elle rince ses couverts, où elle mangera le lendemain. Puis le soir avant de se coucher, elle se demande carrément si elle fera pas l'impasse sur ce moment censé être intime et partagé, mais qu'elle expédie en deux trois coups de fourchette passqu'elle se sent définitivement pas à sa place. Bref, vous l'aurez compris, le midi est le moment clef des journées et donc des épisodes ! Sinon bah le restant du temps, elle imprime des sudoku, elle parle sur msn, raconte des conneries sur myspace, lit des blogs, feuillette le métro, dit bonjour à ses "collègues" qui passent faire des photocopies dans son bureau, mais qui ne referment jamais la porte qu'ils viennent pourtant d'ouvrir, elle reste aussi de longues minutes hypnotisée par l'arbre qu'elle aperçoit à la fenêtre et dont les feuilles volètent dans le vent (oh c'est une phrase presque poétique) et à cet instant de l'épisode, elle pense très fort, ou parfois la murmure, cette phrase devenue culte : "Mais qu'est-ce qu'on se fait chier !" (volée honteusement à une chanson des Têtes Raides).
Dans la série "Mon père et moi", nous en sommes à l'épisode "Mon père me prend pour une copine". Après une longue interruption depuis août dernier, la chaîne diffusant cette série, nous promet de nouveaux épisodes plein de rebondissements ! Mais un petit résumé s'impose ! Août 2006 donc, notre héroïne (c'est à dire moi !) s'inquiète au téléphone pour son père car il lui confie avoir des choses à lui dire de l'ordre confidentiel. Mais jusqu'au jour d'aujourd'hui, nous étions restés sur notre faim car point d'indice pour deviner cette chose si confidentielle... Des coups de fils donnés tous les trois mois pour parler vaguement des cours, de la météo, des frères et soeurs, de la musique, de la grand-mère, puis basta. Mais de confidence, nada ! Il aura fallu attendre le mois d'avril 2007 pour commencer à nouer un truc entre ce père et sa "fille". Enfin, disons un truc à sens unique. Parce que s'il croit que de savoir qu'il s'est acheté un GPS et un MP3 comme un môme de 16 ans vu qu'il en est tout fier, ça intéresse sa gamine, bah il s'est trompé d'épisode ! Mais on arrive au plus intéressant, vers la fin mai, alors qu'il lui souhaite son anniversaire sur MSN (quel tact !), il lui confiera après avoir dit qu'il avait eu des bébé poissons (tout le monde est heureux), qu'il veut retrouver son amourette de jeunesse. Donc là notre héroïne a eu un instant de flottement et on a pu voir en gros plan ses yeux hagards cherchant la feuille de l'arbre qui volète (la feuille pas l'arbre) pour se demander si elle avait pas, elle aussi, loupé un épisode. Mais après vérification, non, non, elle n'a rien loupé. C'est juste son père qui est un peu timbré. Mais bon, elle a l'habitude. Alors là voilà à lui écrire des conseils par MSN, conseils aussi dignes qu'un Jeune et Jolie parce que son père a 16 ans, bien entendu ! Il arrivera tout de même à lui sortir un discours qui la fait mourir de rire, sur dixit "sa vie paisible" (à cela entendre, une femme qu'il baise pas, un chien, un chat, des poissons, un jardin, des enfants dont il ne s'occupe pas) et sur son "devoir de père envers mes enfants, je ne veux pas leur faire vivre ce que tu as vécu". Donc là, c'était la phrase de trop. Notre héroïne hésitait entre pleurer et rire, mais avec cette phrase, elle n'a pu se retenir, et à explosé de rire. Et son père d'ajouter "j'aurai préféré t'en parler en face, c'est pour ça que je voulais venir te voir". Donc un, heureusement qu'elle a pas entendu cette histoire drôle en face, sinon elle aurait demandé une autre blague dans le même genre. Deux, sympa son père, toujours beaucoup de tact, il en a rien à secouer de sa gamine décidément puisqu'il veut la voir seulement pour lui parler de ses problèmes de coeur. Enfin, en tout cas, notre héroïne, tout comme nous, attend le prochain épisode avec une impatience croissante. Mais tout de même, c'est quand même con d'avoir pitié de son père. En tout cas, à chaque fois qu'elle ferme la fenêtre MSN de son père au moment où elle en a marre de ses salades et qu'elle l'ignore, elle pense très fort cette phrase devenue culte : "Mon père n'est pas mon père, j'ai un autre père." (cette phrase n'est pas volée à Starwars).
Dans la série "Qu'est-ce qu'on fait ce soir ?", nous en sommes à l'épisode "On fait toujours la même chose/partie 36450". Une fois que la journée bien remplie (hum) du stage est faite, notre héroïne (c'est à dire moi !) range ses affaires, éteint son ordinateur, et sort prendre le métro. Là elle choppe le Direct Soir, c'est cool dedans y'a deux sudoku à faire et en plus y'a l'horoscope du lendemain ! Dans le métro, elle fait la gueule, comme tout le monde. Puis arrivée à République, elle prend l'escalator, évite les flyers distribués par des poufiasses pour des soirées VIP au club du coin et là elle se demande si elle court pour prendre son bus qu'elle voit au loin ou si plutôt elle va voir ce qu'il y a comme séance à 18h. Si elle trouve un film de bien à voir au Gaumont ou au Colombier, bah elle va prendre un menu cinéma à Quick, elle fait les sudoku en mangeant son Giant et ses frites, puis elle va au cinéma. Elle se cale dans un fauteuil rouge, elle a un peu froid mais c'est pas grave, elle a un sourire car elle aime aller au cinéma. Mais dans le cas où elle a pris le bus, ou lorsqu'elle rentre du cinéma (il se joue le même scénario), elle soupire car elle déteste le bus. Elle s'assoit à côté de quelqu'un qui pue, elle grogne intérieurement après les bagnoles qui bloquent la route et qui l'empêchent d'arriver plus vite chez elle. Puis cahin-caha, les oreilles dans sa musique, elle arrive à l'arrêt Jeanne D'arc (à croire que cette poufiasse orléanaise va la suivre partout) et elle descend, elle passe devant l'église, elle arrive dans sa rue, limite elle court passqu'elle est pressée d'arriver. Elle se bat avec sa poche trop petite qui enferme ses clefs et elle entre enfin. Là elle fait un tour à la cuisine à droite de l'entrée, se boit un verre de jus de pamplemousse ou d'ananas, voire une gorgée de Guiness quand elle a pensé à en acheter à Marché+, puis elle file dans sa chambre. Là aussi, deux chois s'imposent. Allumer l'ordinateur et se connecter à internet ou regarder un film (si internet ne marche pas), soit se coucher directement mais après y'a toujours le problème qu'elle se réveille vers 21h et qu'après elle est incapable de se rendormir pour faire une nuit normale de 1h du matin à 7h30 avant de recommencer une journée où on s'emmerde. Donc généralement, elle fait un jour sur deux, un choix différent. Mais il arrive aussi parfois l'envie de faire autre chose ! Donc en sortant du métro à République, elle va se perdre dans les rues rennaises, ou alors elle va à la SNCF chercher des billets de train pour un voyage à Paris, ou alors elle va à la Fnac ou alors elle va faire les magazins à Colombier (un centre commercial), elle s'achète des fringues, se fait des envies de CDs et bouquins. Et là, elle a sa phrase culte qui pointe son nez : "Vivement la paye" (cette phrase n'est tirée d'aucun truc connu).
Dans la série "A la recherche du premier emploi", nous en sommes à l'épisode 2 "J'ai un entretien" qui suit tout de suite l'épisode 1 "Envois de lettres de motivation". Mardi dernier, jour d'anniversaire de son frère (putain lui aussi il vieillit au fil des épisodes), notre héroïne (c'est à dire moi !) reçoit un coup de fil de la Bibliothèque de Meudon qui lui file rencard (ouais parler comme ça, ça enlève le côté adminitratif et solennel du truc) pour un jour prochain. Ouais donc notre héroïne est super heureuse. Premier envoi, ça marche, elle nous dégote un entretien la cochonne ! Elle a le cul bordée de nouilles celle-là ! Ou alors elle rédige tellement bien ses lettres qu'elle arrive à plaire. Enfin en tout cas c'est cool on est tous contents pour elle, en même temps elle le dit à tout le monde donc on va pas lui répondre "ouais c'est nul, la ferme". Bref, c'est cool. La suite bientôt. Y'a pas encore de phrase vraiment culte dans cette série, c'est que le tout début. L'épisode pilote avait bien plu aux producteurs, donc bon, va falloir qu'on étoffe le scénario maintenant !
Vous pouvez maintenant tous éteindre vos ordinateurs, à tchao bonsoir !
~ oreille ~ Je suis jalouse ~ Emily Loizeau
27 mai 2007
Instants donnés d'une tournée
Parce que mes concerts d’Indo se sont toujours fait en grande pompe. Le tout premier à Orléans en 2002. Un déplacement, un week-end de fou furieux, des disputes, des règlements de compte, un guitariste sur scène, Sarah. Et rien d’autre. Alors du coup, il y a eu Toulon en 2003. Des coups de soleil, un bateau, des visites, des posters, « OK ! », Fred et ses cheveux, Boris et sa bouteille, Marco, Oli, Nicola et son bras, Sarah et moi. Je venais d’avoir 19 ans. Le jour même. Puis, une rencontre. L’Indocouple. Qui nous permet d’aller au Grand Rex. Une marche dans Paris. Une auberge de jeunesse. Un clodo dans la rue. Une attente interminable. Macdo. Des muffins café. Vietnam Glam. Fred, Fabien et Gwen. Sarah et moi, des étoiles papillotantes dans les yeux.
Puis le grand vide.
Parce qu’elle n’était plus là, j’ai fait Grenoble seule. Aux pieds de Boris. Parce que cela va de soi. Parce que Grenoble 2006 c’était le tout début d’un truc que je ne soupçonnais pas. Parce que trois ans après, j’étais en manque de cris, de shay, de coups de reins dans une gratte, de mains tendues, de sueur méritée, de mal aux pieds, de photos, de noir et blanc. Boris. Encore une fois, je ne crois pas avoir vu grand-chose de plus.
J’en profitais, je ne pensais pas en vivre d’autre.
Puis il y a eu des rencontres. Naw la sauterelle que je convaincs de venir à Fourvière. On ne se connaît pas. On ne s’est jamais vu. Une gare, des exclamations. Retrouver Julie. Acheter de la crème solaire. Faire des sandwichs. Rire. Fumer sur des marches d’escalier. Regarder Astérix et Obélix. S’endormir devant. Des chuchotis dans la nuit. Puis un réveil. Une course à la salle de bains. Chercher une place de voiture. Trouver que le soleil est de trop. Passer la journée à l’ombre sur des marches. Des anecdotes. Une balance en plein soleil. Un bout de nez légèrement rougi. Courir. Ne pas manquer tomber. Une vidéo immortalise ce moment honteux. Puis des cris. Encore. Des paroles hurlées. Une hola. Indo en concert, tout simplement.
Et mes meilleures vacances d’été en deux semaines à Avignon. Nîmes, Paléo, Sushis, des œufs oubliés dans le frigo, dormir par terre dans une gare paumée, Salombô dans la voiture, Desperate Housewives, des cigales, des écrits, des cousines. Naw et moi. 
Puis il y avait eu une rencontre furtive. Une belge que je n’aimais pas. Pourtant, on nous a réuni, on nous a permis de nous parler, de nous connaître, de nous apprendre. Et au-delà du fait qu’elle et moi on aime les livres interdits, nous avions des tas de choses à nous dire. Et pas seulement Indo. Même si, elle m’a fait vivre Hanoï, de loin. Même si, grâce à elle, j’ai rencontré des gens formidables et j’ai pu vivre des concerts en plus à mettre sur ma liste qui se rallongeait sans même que je m’en rende compte. Parce que tous mes concerts ont été des coups de tête, des envies sans réfléchir. Après le Paléo, plus rien ne me faisait peur !
Clermont-Ferrand, la ville haït. Accompagner une jeune fille. Se retrouver si tard devant la salle, contrairement aux habitudes, en crever de trouille de ne pas être à sa place habituelle. Etre avec un père et sa fille. Puis courir. Et garder les places pour tout le monde. Comme d'habitude. Devant la guitariste. Offrir un beau concert aux demoiselles. Vivre avec elles leur première fois. Si joli à voir. Leurs frimousses ébahies. Et pour moi, des poils qui se hérissent sur les bras devant Crash Me.
Des larmes dans les yeux, tout doucement. Témoigner pour les autres par des vidéos : Julie, Valou, Naw.
Batailler pour avoir une place pour Lyon le 10 novembre. Parce que c’était l’anniversaire de Boris, parce qu’il fallait être là, tout simplement.
Et parce que je ne regrette pas. Parce que là encore, Naw et Julie étaient là. Je retrouvais Victoire, ma belge. Et trois jours avant ce concert, j’apprenais qu’il fallait offrir un cadeau à son « idole ». Alors c’est les yeux explosés de fatigue de ne pas dormir, explosés d’excitation, que je pointe mon nez vers ceux qui font mon p’tit bonheur du jour et du soir. Ca ne s’explique pas. Ca se vit. J’en retiens juste que Jess, Iza, Emma et tous les autres sont des personnes presque magiques que j’écoute parler à l’infini de leurs souvenirs. Tout comme le soir entre Victoire et moi, je l’écoute me parler de l’absent cruel qui revit sous nos quatre yeux, au bout de ma clope, le cul sur un bureau d’un hôtel Ibis, la fenêtre ouverte. Je regarde, les oreilles grandes ouvertes. Là aussi, j’ai des étoiles. Et là, c’est la connexion. Entre elle et moi. Et ça non plus, ça ne s’explique pas. Ca se ressent. C’est là. C’est tout. Et c’est Victoire et moi.
Alors bien sûr, je pourrai parler des heures de ce week-end lyonnais. Dire que les fous rires nous étouffent. En boîte, à regarder ces autres danser, au subway à ne pas comprendre ce qu’on va bouffer, à la rhumerie. Puis les premières larmes aussi. Parce qu’il y a des au revoirs sur des quais de gare. Parce qu’on se quitte et qu’une page se tourne et qu’un souvenir se ferme pour ensuite laisser place à un autre. Plus tard.
Bercy. Le deuxième de la tournée. Le premier pour moi. Retrouver, là encore, Victoire, Naw. Rencontrer Valou.
Une émotion pure sur scène. Lou. Des larmes un peu partout. Des bras câlins. Un putain de sourire fabuleux sur ma gueule. Le bonheur. Etat brut. Puis retrouver les autres. Jess qui court, le smile qui l’illumine. Iza qui pleure. Une belge entraperçue, dans les bras de Victoire. Un c’est qui, mais je ne retiens pas. Bien mal m’en a pris.
Parce que deux semaines après, j’étais en Belgique. J’avais ruiné ma grand-mère pour qu’elle m’offre mon cadeau de Noël en avance. Du fric pour payer le train. Là, je retrouve Victoire, Jess, Cricri, Cat, … Et deux autres belges que je n’oublierai pas, cette fois. Celle des bras de Victoire, Christelle, elle s’appelle. Et son mec, Fabian. Des rencontres encore, très furtives, mais tellement vivifiantes. Deux concerts pour un voyage. 

Une fosse, un gradin. A la gare, croiser un chanteur, s’en amuser quelques minutes, puis passer à autre chose. Des gradins pour tous. Jess et moi complètement ahuries de manger des yeux Boris en haut. Tellement étrange. Mais qu’importe. Parce que c’est la première fois que je pleure sur une chanson qui me gave. Parce que l’émotion était là aussi, pure. Parce que tous ces gens qui chantent ensemble devant un chanteur qui tend le micro à bout de bras, moi, ça me hérisse les poils de bras, ça me picote le nez et ça me fait perler les yeux. C’est comme ça. Puis le lendemain. Un fou rire sous une tente improvisée, du poulet, du chocolat chaud, une claustrophobie jamais atteinte, mon bonheur à son apogée. Craindre de ne pas avoir ses places, courir comme des dératés, se sourire comme des affamés, mitrailler comme des fous un grand mec maigre sur scène. Vivre le Forest, en fait. Se sentir soulagée d’être là et pas ailleurs. Il n’y avait rien de mieux.
Puis, deux nanas dans Grenoble. Qui s’ennuient. Eperdument. Moi qui ne dois faire que parler de mes concerts. Anabelle qui doit faire que de m’écouter. Alors c’est décidé. On part à la fnac. On sait pas si on a des tunes, si on pourra réellement. Mais qu’importe. Là, on prend deux places pour Genève. On rêve. On est des gamines. On vit ce qu’on souhaite. Puis Naw nous rejoint et à trois, on prend le train. Un lac magnifique, des châteaux, des canards, un hôtel, une place perdue, un parc immense, une course poursuite, une peur bleue, un énervement, des retrouvailles, Jess et son smile, Iza et son nouveau tattoo. Mais un concert étrange. Vécue du bout du cœur. Un Singe en Hiver qui nous coupe définitivement les jambes. Puis partir, être à l’ouest, laisser les autres se débrouiller. Frauder le bus suisse. C’était marrant. Sales gamines. 
Refaire Lyon. Retrouver tout le monde.
Acheter des barrettes noires sous les conseils d’Iza qui vient me chercher à la gare. Partir chez elle. Retrouver Alex et Fanny qui tentent tant bien que mal d’aérer les tentes. Bouffer à MacDo. Retrouver Jess et les laisser partir avec leurs tentes devant la Halle. Les retrouver au matin, avec Naw et Julie. Passer la journée à se battre gentiment pour garder notre privilège des premiers arrivés. Stress ridicule, mais stress tout de même. Des confidences aux creux de l’oreille. Des photos dont je ne me souviens pas. Parler avec le plus petit fan d’Indo qui connaît les paroles par cœur. A la bonne école avec son grand frère. Entrer, courir, avoir sa place, rire. Les genoux de Naw aux creux des miens. Un fou rire entre Jess, Boris et moi. Un Vibrator complètement fou. Un Singe en Hiver aveuglant. Une folie furieuse. Des cordes vocales abîmées. Retrouver Anabelle et Franck. Franck, son premier concert, son choc face à June. Rentrer avec eux, la tête ailleurs. Chanter en voiture trois nuits par semaine. Le meilleur concert à ce jour.
Partir à Montpellier, acheter de la bouffe pour le lendemain à Monoprix, dormir tête bêche dans un lit une place avec Naw. Partir de bonne heure à Bordeaux. Retrouver les belges et Iza à la gare. Se sentir bien. Passer l’après-midi à attendre, assise, le cul par terre. Froid. Se marrer. Se foutre de la gueule d’une fan ridicule de Placebo. Se faire insulter. Croiser les doigts avec Victoire qui est sur un p’tit nuage. Se grouiller, manquer tomber, croiser Mattu à l’entrée, se retrouver au premier rang comme un miracle, faire des grimaces et en immortaliser le temps et les mouvements.
Une Lou parfaite sur scène. Un concert merveilleux, comme d’habitude, je dirai, depuis la reprise. Aucune déception. Non, vraiment aucune. Pas de sensation d’inachevé. Repartir, épuisée, mais ravie, quelques larmes encore d’avoir quitté les autres si vite.
Le dernier. Bercy. 19 mai 2007. Retrouver Sarah, se dire qu’elle est là aussi, au même moment que moi. Qu’elle vit la même chose. Qu’elle voit les mêmes choses. Même si, elle, elle regarde Oli de près et moi Boris de loin. Etre là, entre Victoire et Naw, Anabelle dans le dos. Etre à sa place, encore une fois. Entourée des bonnes personnes. Avoir peur que tout s’arrête. La gorge serrée. Un symphonique admirable. Ne pas trop le croire. Faire profiter ma mère des violons et les partager aussi avec Julie. Troisième sexe est un bonheur. Naw aux creux des bras sur Salombô. Les mains serrées pour Electrastar, pour Victoire, être là, pour elle, pour lui.
Cristal dans le coin de mon œil, ses mains fraîches sur mes joues pour ma chanson fétiche des concerts. Voir Fabian pleurer. Avoir un peu trop bu de champagne dans l’attente, avoir les joues rouges. Des coups de soleil. Puis la fin. Qui arrive trop vite. Mais qui est là. Même nos blagues, elles ont un goût amer. On n’ose pas trop parler. Ou alors, pas trop fort. Tout le monde est épuisé. Puis on s’éparpille. Dormir. Oublier que c’est la fin.
{toutes photos par moi, sauf celle de Genève, par Ana}
~ Oreille ~ Peter Pan ~ Indochine
12 avril 2007
Jour de pluie
Il y a quelques temps, j'écrivais ceci :
Roh puis merde hein. Aussi. Tiens. Puisqu'on y est. Ras le cul de d'avoir attendre sur le bout d'une chaise à regarder les autres en ne voyant que leurs regards ignorants. Mais je vois tout moi ! Ouais. Même quand tu te fous de ma gueule je le vois. Mais je m'écrase pour voir jusqu'où tu vas pousser le vice. Dingue hein ! Au moins ça m'occupe un minimum, plutôt que d'écouter ta conversation plate et sans intérêt. Un sourire et te v'là heureux(se) pour la journée. Que demande le peuple ! Moi je demande un aquarium géant et un documentaire sur vous dans Arte pour mes insomnies. Histoire de délirer pour quelque chose et de savoir pourquoi. Hein, pétasse, connasse, ouais, toi, là, avec ta tête bizarre (puisque je vois flou), tu m'intéresses pas. Je fais semblant. Est-ce que tu le vois ? Dis-moi, passque ça m'éviterait de me casser le cul pour toi à revêtir un masque de mensonge flagrant.
Pouvons-nous dire que c'est toujours d'actualité ? Bon. Je n'ai plus mal à l'oeil. Je ne vois donc pas flou. Ta tête à toi n'est pas bizarre. C'est déjà ça de gagné. Mais ! (il devait bien y avoir un mais qui trainaît quelque part, sinon ça ne serait pas une bonne fiction que ma vie). Donc. Mais ! Mais ta conversation ! Et bien, on change de tête, mais c'est la même. Toujours en demande d'un sourire, d'un regard, puis paf prend toi le poteau dans la gueule. Couillonne. Toi ou moi ? Sur ce coup là, les deux. Parce que si tu savais combien j'ai pu en rire (jaune), ça te fouterait plutôt mal à l'aise. Vaut peut-être mieux pas que tu le saches.
En tout cas, cette chanson ne se chantera plus. C'est déjà ça. C'était la découverte de la semaine tout de même. Ne plus l'entendre ! Mais quel pied ! Ca m'a rendu un vrai sourire pour quelques secondes au moins.
Cache-cache. J'enfile mes bottes. Ma capuche bretonne. Je cours sous le préau. Prendre le bus. S'amuser dans les flaques. Gamine. Bah ouais, moi aussi. Mais qu'importe. Même si. Même si ! Et bien c'est comme ça. Du coq à l'âne de toute façon.
Comme ces proprios coincés du fion. Que je ne vois jamais. C'est certain, je dois leur faire un peu peur. Pourtant je suis blonde aux yeux bleus. Pas grave. Je m'enferme. Il fait si moche que ça me rend moche.
Les murs ne sont pas blancs. Il y a du papier peint blanc et jaune, un dessus de lit bleu, un velux. Donc une chambre mansardée. Rêve de petite fille bluette enfin réalisé. Sur le mur un tableau pour écrire avec un stylo velada. Un poster d'un tableau de Dali. Et sinon, du bois. Partout. Lambris et poutres. Mignon. Vraiment. On s'y plaît. Franchement. Alors ? Alors il manque quand même un truc, mais puisque je joue à cache-cache, je ne peux le dire, vous m'entendriez, et je ne veux pas perdre, je suis mauvaise perdante. Vous ne me trouverez pas. Promis, juré, craché par terre !
Mais toutefois pressée d'en repartir. Parce que marre de tout ça. Les comptes à rendre. Les explications. Les "tu fais quoi" "ça va" "tu vas être en retard" "écoute-moi" et autres "souris" "fais bonne impression"... Ouais, vous avez deviné. Pas envie de ce stage. Envie de bosser. Point. Dans ce que j'aime. Alors je vais encore me forcer pour trois mois. Mais après, arrêtez tous de me casser les roustons avec vos appels de grand-mère en panique, vos questions sur ma santé mentale, vos réponses toutes droites sorties d'un vieux salon de philo, votre intérêt si désintéressé, vos regards compatissants. Je déteste ça. Lâchez-moi les basques. Merci. Laissez-moi respirer. Et enfin décider.
Je ne serai pas à ta merci, toi, là, ouais. Compris ?
~ Oreille ~ Wicked Soul ~ Kubb
29 novembre 2006
"Bon allez, bon appétit et joyeux anniversaire à Zoé"
Famille. Le père, la mère, le fils, la fille. Les enfants blonds à la voix aiguë. La femme mince et des chaussures plates et cirées. Le mari légèrement bedonnant pantalon de flanelle tombant parfaitement sur des chaussures en daim. Quick. Menus enfants. Jouets. Bagarres. Discussion.
"Alors, Zoé, lequel tableau as-tu préféré ce matin au musée ?"
"Le carré."
"Celui avec des couleurs ?"
"Oui."
"C'est vrai qu'il était très beau."
Le gosse, plus petit que sa soeur, qui veut aussi manger en face de sa mère, mais puisque c'est l'anniversaire de Zoé : "Elle a le droit de faire ce qu'elle veut aujourd'hui."
"Mais elle a toujours le droit de faire ce qu'elle veut, c'est pas juste."
"Bon, les enfants, vous allez pas vous disputer le jour de l'anniversaire de Zoé quand même, ça serait dommage."
"Je veux manger en face de toi."
"On va attendre papa."
Papa arrive et départage les enfants avec une voix qui ne laisse pas place à la discussion. Distribution des hamburgers.
"Zoé, tu veux de la mayonnaise ?"
"Zoé, tu veux du ketchup ?"
"Zoé, mange tes frites !"
"Zoé, essuie ta bouche."
"Zoé, tiens toi droite."
"Zoé, tes coudes."
Pincée, la femme mange son Giant comme s'il s'agissait de la meilleure des pâtisseries chocolatée importée directement de Suisse. Le père, relativement absent, rabroue seulement son fils, qu'il doit laisser tranquille sa soeur parce que "C'est l'anniversaire de Zoé !".
Après le musée le matin, le Quick le midi, il est prévu pour cette famille cliché d'emmener tous ensemble, puisqu'ils sont une famille soudée et qu'ils le montrent (!), Zoé (!) à la gym et à la danse.
J'ai fini par capituler, fermer mon bouquin, avaler les dernières gorgées de mon coca et me barrer de ce lieu qui puait l'amour surjoué. Et chez eux, comment c'est ? Le mari et la femme s'engueulent-ils devant les enfants ? La femme fait-elle regarder à ses enfants les émissions éducatives de France 5 ? Le mari a-t-il une maîtresse pour échapper à cette femme dominatrice ? La femme rêve-t-elle de faire un troisième gosse pour pallier le futur manque affectif qui viendra lorsque ses deux marmots seront partis de la baraque ? Sont-il toujours aussi droits, propres sur eux, fiers ? N'ont-ils donc jamais de moment de doute, les yeux qui piquent et le ventre qui se noue ? Sont-ils toujours si souriants, imposants et polis ? N'ont-ils donc jamais envie de meurtres sur leur voisin, l'envie de gueuler à la terre entière que ça va pas ?
Ils m'ont fait un peu pitié, un peu honte aussi à les écouter, à capter les bribes de leur vie. Ils m'ont un peu démoralisé, un peu fait horreur. Fichus conventions qui les étriquent. Après tout, ils le choisissent. Mais ça me fait mal au cul. Ils ne m'ont pas ému avec leur amour édulcorant, leurs sourires dentifrices, leur "Excusez-moi, Zoé n'a pas fait exprès de vous éclabousser avec sa paille."
Non. Pas émue. Définitivement pas.
Souvenir d'un trajet en train jusqu'à Lyon. Une maman et son gosse d'environ 6 ans. Le gamin qui posait plein de questions à sa mère, et elle qui ne répondait que par des onomatapées, qui ne le regardait jamais. Et lui qui essayait désespérément d'atteindre sa mère, la toucher un peu. Jouer avec ses petites voitures en faisant le bruit des hélicoptères, pleurer car il avait renversé du coca-cola sur ses genoux et sur son sandwich devenu mou et immangeable. Et sa mère, si peu concernée, qui lui essuyait les mains avec indifférence et sa phrase : "Arrête de chouiner, tu gênes les gens dans le train." Puis tout a changé. L'enfant a pris une peluche, visiblement son doudou, un chien jauni par les ans, probablement jamais passé en machine. Tranquillement, style de rien, il a amadoué sa maman en se posant sur ses genoux. Elle avait alors posé le Voici par terre, enroulé ses doigts dans les cheveux de son fils et s'endormie à son tour dans un cocon de douceur.
Et moi, sur le côté, je retenais difficilement des larmes de couler sur mes joues. Parce que ça m'avait ému.
Parce que je suis à fleur de peau et que ça ne se discute pas.
~ Oreille ~ Furyo ~ Ryuichi Sakamoto
08 novembre 2006
Sous un coin de ciel bleu
Questionnaire ordonné là
1) Attrapez le livre le plus proche, allez à la page 18 et copiez la 4è ligne :
"Les cris des autres lui parvenaient assourdis, enveloppés de coton". Kathleen de Fabrice Colin
2) Sans vérifier, quelle heure est-il ?
15h12
3) Vérifiez !
15h13
4) Que portez-vous ?
Jean, pull noir, foulard rouge, bague, babouche, maquillage.
5) Avant de répondre à ce questionnaire, que regardiez-vous ?
Des mots ; je terminais Kathleen.
6) Quel bruit entendez-vous à part celui de l’ordinateur ?
Adrienne Pauly. "Pourquoi j'ai pas mes lunettes noires ? Etre la reine dans mon royaume"
7) Quand êtes-vous sorti(e) la dernière fois, qu’avez-vous fait ?
Je suis allée poster ma lettre pour le Crous en espérant que cette fois mes bourses soient enfin versées ! Peut-être vais-je ressortir pour mettre un cierge d'ailleurs...
8) Avez-vous rêvé cette nuit ?
Probablement.
9) Quand avez-vous ri la dernière fois ?
Y'a quelques minutes, en attendant Franck parler à Minus et Cortex.
10) Qu’y a-t-il sur les murs de la pièce où vous êtes ?
Posters d'Indochine, de Jane Birkin, d'Oasis, des cartes postales de Georges Sand, de Serge Gainsbourg, de Ian Curtis, deux dessins de mon frère, une étagère, une tenture de tissu, un calendrier de La science des rêves
11) Si vous deveniez multimillionnaire dans la nuit, quelle est la première chose que vous achèteriez ?
Un appart dans Le Marais.
12) Quel est le dernier film que vous ayez vu ?
Being Light de Jean-Marc Barr avec lui-même, Romain Duris et Elodie Bouchez. Film sur la liberté.
13) Avez-vous vu quelque chose d’étrange aujourd’hui ?
Un hamster qui en bouffe un autre.
14) Que pensez-vous de ce questionnaire ?
Ca m'occupe.
15) Dites-nous quelque chose de vous que nous ne savons pas encore ?
Je peux être très patiente. Etonnant, non ?
16) Quel serait le prénom de votre enfant si c’était une fille ?
Euh.
17) Quel serait le prénom de votre enfant si c’était un garçon ?
Euh bis.
18) Avez-vous déjà pensé vivre à l’étranger ?
Y voyager, oui, y vivre, non.
19) Que voudriez-vous que Dieu vous dise lorsque vous franchirez les portes du Paradis ?
"Tu t'es trompée de porte ma chérie."
20) Si vous pouviez changer quelque chose dans le monde en dehors de la culpabilité et la politique, que changeriez-vous ?
Le nombre de sidéens.
21) Aimez-vous danser ?
Han han.
22) Que pensez-vous de Georges Bush ?
No comment.
23) Quelle est la dernière chose que vous ayez regardée à la télévision ?
Taratata vendredi dernier.
24) Quelles sont les 3 personnes qui doivent prendre le relais sur leur blog ?
Si elles ou ils lisent : Adamantine, Querelle, et Jerry.
~ Oreille ~ La fille au prisunic ~ Adrienne Pauly
26 octobre 2006
Smile
Il y a des musiques qui donnent envie de soleil, de ménage, de vent frais, de jupe sur des pantalons. C'est Lily Allen qui fait ça. Alors pour la fête de ce soir on fait tous du ménage. Ca sent la poussière, le détergent. On entend l'aspirateur et des bruits de pas et de chaises qu'on racle.
Et je range de nouveau par ordre alphabétique mes bouquins et mes CDs. Furieuse manie de voir tout en ordre, propre. Je passe plus de temps à dépoussiérer mes précieux livres de poches que la moquette. Moquette toujours pleine de polystyrene puisque ce fichu lit attend toujours qu'on le monte. Il est comme une boîte magique enfermant mes futurs rêves et cauchemars sous odeur de bois crème.
C'est donc qu'à moitié propre.
Je comble l'ennui de certains cours par les mots dans la tête et des délires. Pour exemple.
Cet aprèm' avec Fanette nous voilà parties pour un cours sur les blogs (oui oui, ça existe, et je m'y ennuie un peu pour tout vous dire). Donc on prend le bus, on commence déjà à enlever les couches de fringues superflue. Parce qu'il fait 23° degrés. Et je rumine contre cette chaleur. Et encore plus dans cette salle de classe. La 30DG. Pour être plus précise. Sur ordinateurs. Ca ventile du chaud. Et ça doit atteindre un peu nos neurones fatigués. Alors nous voilà parties à délirer sur une vachette pleureuse qui croise un pinguin volant, capitaine d'une Arche de Noé. A babord se trouve un bouc qui se tresse les poils. A tribord on voit une girafe qui essaye de mettre un pantalon, mais ses bras étant trop courts, elle n'y arrive pas. De son grand cou elle voit au loin la vachette qui pleure et elle l'invite donc à monter sur le bateau pour aller au bal le soir même et lui redonner le sourire.
Bon. Besoin de dormir.
Mais après cette petite fête sans prétention. Crêpes party. Cidre, vin, vodka, jus de fruits, limonade. Et donc plein de gens. Pour fêter le départ de l'une dans d'entre nous de l'année dernière. Rires, sourires. Programme frais. Comme tous les jours enfin de compte.
Prochain emploi du temps :
*Vendredi et samedi chez Sam, Quentin et Ganja (le chat masseur de dos), pour rencontrer le dernier garçon de mon futur groupe.
*Vacances ! Ne rien faire le dimanche. Dormir.
*Lundi, faire le ménage passque...
*... Mardi et mercredi venue de mes parents.
*Jeudi jusqu'à dimanche d'après, travailler :s Ouais, passque j'ai comme qui dirait fait la feignante et pris pas mal de retard sur les exposés à rendre.
*Donc je n'irai pas à Bourges voir Sarah et ce n'est pas encore cette fois que je vais revoir mon père. En fait, je ne sais pas si j'en ai très envie. Il ne m'a toujours pas rappelé. Et mes efforts tombent une fois de plus à l'eau. Ca me fatigue. Alors, bah, j'attends sans espoir de grand chose.
*Et là dans l'immédiat, je me tate entre prendre une douche ou faire cette analyse comparative sur les logiciels libres de gestion de projets. A votre avis, je vais choisir quoi ?
~ Oreille ~ LDN ~ Lily Allen
22 octobre 2006
Nothing
Il y a des disparitions qui mine de rien, ne font rien. Je passe par dessus. Vraiment. Je ne le répèterai jamais assez. Je suis passive. D'autres diront timide. Mais au fond, je contrôle et je me fous de tout. Je commence pourtant à être lassée de ces retours et de ces allers. A force tout se ressemble. Je ne trouve plus cela tellement attirant. Grenoble m'a lassé. Pas autant que Clermont-Ferrand. Non parce que Clermont-Ferrand c'était pas de la lassitude mais carrément de l'indifférence et limite de la haine empaquetée dans un 9mètres carré. Alors Grenoble me lasse, comme ça. Je sais que c'est la dernière année. Après je naviguerai sûrement à gauche, puis à droite, un peu au centre, avant de me fixer. Mais de ça, je ne suis pas pressée. Je n'aime pas être fixe. Et là deux ans au même endroit, ça commence à m'étouffer. L'impression d'avoir fait le tour. Besoin de respirer ailleurs, de faire ma place dans un nouveau lieu et en ressortir sans réelle attache. Parce que l'essentiel ne se trouve pas là. L'essentiel me suit quoiqu'il advienne. Et je n'ai pas de regret pour ceux laissés derrière. Ils n'en valaient pas la peine. Ils me servaient de faire-valoir. C'est mesquin. Sans doute. Mais moi ça me plaît.
Soirée vernissage hier. J'avouerai que je ne suis pas sensible à un bout de tôle formant des vagues s'appelant Tsunami. Par contre Jonathan Meese m'a séduite. Glauque et dérangeant et à la fois intimiste et déroutant. Monsieur est un pro de la bite, il en dessine ou en sculpte partout. Cimetière, Elvis Presley, Kubrick, Chapeau Melon et Botte de Cuir, ... Le kitsch mêlé à l'ombre des vautours le tout agrémenté de détails aux rappels des Dieus égyptiens.
Bref. Dimanche paisible. Sous le son calme d'Anthony and the Johnsons, An Pierle ou Archive. Toujours dans mon livre de fous. J'en parlerai sûrement quand il sera terminé. Et puis sinon il y a la confiture à la tomate, les betteraves, le jus de pamplemousse, le lit que je n'ai pas encore fait et qui me tente pas mal pour aller faire une sieste.
Et sinon appeler la grand-mère, le père et Sarah. En fait, organiser mes vacances de la Toussaint. Après la venue de mes parents pour enfin (si possible) monter mon lit ! Et d'ailleurs tant que j'y pense, me renseigner à Fly pour les meubles que j'ai commandé.
~ Oreille ~ Again ~ Archive